La journée mondiale des luttes paysannes est un événement annuel dédié à la reconnaissance et à la défense des droits des paysans et des travailleurs agricoles à travers le monde.
Elle met en lumière les défis auxquels sont confrontées les communautés rurales, notamment l’accès à la terre, la souveraineté alimentaire et la protection contre l’agro-industrie. Cette journée est également l’occasion de sensibiliser le public aux injustices sociales et économiques qui touchent les agriculteurs.
Une réforme agraire populaire et intégrale
Créée par La Via Campesina, elle commémore le massacre d’Eldorado dos Carajás en 1996 où 21 travailleur·euses sans terre ont été assassinés par la Police militaire au Brésil alors qu’iels occupaient des terres comme une action légitime dans le cadre de la lutte pour la réforme agraire.
A cette occasion l'organisation appele à construire une réforme agraire populaire et intégrale, axée sur la Souveraineté Alimentaire, qui :
- Prend en compte les dimensions sociales, économiques et environnementales de l’utilisation des terres
- S’attaque aux causes structurelles des inégalités, des expulsions et des spoliations
- Restaure les terres aux peuples
- Reconnaît les droits des communautés paysannes et autochtones sur leurs terres et territoires
- Favorise des politiques publiques ambitieuses de redistribution des terres agricoles au profit des producteurs alimentaires à petite échelle, en accordant une attention particulière aux jeunes, aux femmes et aux diversités
- Met un terme à l’accaparement des terres et des territoires
L’agriculture durable défendue par InPACT
Notre Réseau, à travers son Socle Commun, se revendique de l’agriculture durable. Cela signifie prendre en compte simultanément les 27 principes du développement durable, ratifiés par 174 pays à Rio de Janeiro et qui de se fait constituent LA référence en matière de durabilité. Rapportés aux domaines agricole et rural, ces 27 principes peuvent se regrouper en 4 dimensions indissociables, dont la culture et l’éthique, qui prône respect des générations futures, des communautés rurales et paysannes.
Les principes 1 et 3 de la déclaration de Rio rappellent que l’intérêt commercial ou la faisabilité technique ne peuvent pas constituer des arguments prioritaires puisque "l’homme est au centre des préoccupations pour une vie saine et productive en harmonie avec la nature, dans le respect des générations présentes et futures". L’organisation de la filière agricole (du producteur au consommateur) doit donc au minimum :
- respecter l’Homme, les communautés rurales et paysannes de tous les pays: c’est à dire permettre de se nourrir et de vivre selon ses choix culturels, pas de dumping, pas de "pillage", commerce équitable…(article 22).
- respecter l’ensemble des acteurs d’un territoire et les associer aux choix stratégiques qui concernent ce territoire: utilisation de l’espace et des ressources... (articles 10, 20 et 21.)
Une reconnaissance internationale
L’un des principaux acquis de La Via Campesina a été d’intégrer la souveraineté alimentaire dans les débats et cadres politiques internationaux, tels que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP).
Cette année, nous célébrons également l’Année internationale des agricultrices, reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), un moment historique pour honorer le rôle vital des femmes dans la production alimentaire et la défense de leurs territoires. C’est une occasion de rendre leur travail visible, de résister aux violences qu’elles subissent et de lutter pour des politiques publiques qui les soutiennent réellement.
Retrouvez l'appel à action de La Via Campesina, ses dénociations et revendications.