Nouvelle-Aquitaine Initiative pour une agriculture
Citoyenne et Territoriale

La Journée internationale de la diversité biologique de 2026 sera célébrée sous le thème « Des actions locales à l'impact mondial », afin de rappeler que les grands changements commencent à petite échelle. Et au sein du réseau InPACT nous l'avons bien compris.

Quand la biodiversité a un problème, l'humanité a un problème

La diversité biologique – ou biodiversité – est le terme qui désigne toutes les formes de la vie sur Terre et les caractéristiques naturelles qu'elle présente. Cette diversité s'explique généralement en termes de la vaste gamme de plantes, d'animaux et de micro-organismes. Mais la biodiversité s'étend également aux différences génétiques à l'intérieur de chaque espèce comme, par exemple, des différences entre des variétés de plantes cultivées et de races de bétail.

Outarde canepetière Denis Guillaume

Photo : Outarde canepetière de Denis Guillaume (LPO)

Alors que la communauté internationale est appelée à réexaminer sa relation avec le monde naturel, une chose est sûre : malgré nos avancées technologiques, nous dépendons entièrement d'écosystèmes sains et dynamiques pour notre eau, notre nourriture, nos médicaments, nos vêtements, notre carburant ou notre énergie, par exemple. Il est donc impératif de respecter, protéger et restaurer notre richesse biologique.

La perte de biodiversité est une réelle menace pour notre santé notamment. Et à un an des élections présidentielles françaises, l’approche « Une seule santé » ne peut plus être un étendard diplomatique et, dans le même temps, un angle mort des politiques publiques. Les décideurs politiques doivent faire de cet objectif une ligne directrice contraignante, en fondant leurs décisions sur la science et en résistant aux pressions qui mettent à mal notre droit à un environnement sain. Faute de quoi, ils aggraveront leur lourde responsabilité dans les crises hélas parfaitement prédictibles que nous connaîtrons demain, fragilisant d’autant notre démocratie.

Profondément préoccupée par l’appauvrissement continu de la diversité biologique dans le monde, l'Assemblée générale des Nations Unies a ainsi décidé de proclamer le 22 mai, date de l’adoption du texte de la Convention sur la diversité biologique entrée en vigueur en 1993, Journée internationale de la diversité biologique.

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En décembre 2022, le monde s'est réuni et s'est accordé sur un plan mondial visant à transformer notre relation avec la nature. L'adoption du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, également connu sous le nom de Plan pour la biodiversité, établit 23 cibles à l’horizon 2030 et quatre objectifs mondiaux à atteindre d'ici à 2050, afin de stopper et inverser la perte de la biodiversité. Le succès de ce plan repose sur la force des actions menées localement.

Les grands changements commencent à petite échelle

LOGO BIODIVAQUIAu sein du réseau InPACT nous avons justement fait le choix pour ces deux prochaines années de mettre en avant la thématique de la biodiversité. Les pratiques de nos paysan.nes sont la preuve que depuis des années il est possible de produire autrement. Outre les animaux et les plantes, les bactéries et les champignons sont également pris en compte dans l’évaluation de la diversité biologique. Si les pratiques agricoles intensives ont un impact certain sur l’environnement, la biodiversité notamment, d’autres la favorisent et l’utilisent comme une alliée. L’agroécologie par exemple, est une approche agricole qui remet la biodiversité et les processus écologiques au cœur de l’agriculture. Elle vise à réduire les impacts environnementaux et à préserver les ressources naturelles, tout en répondant aux besoins économiques et alimentaires. La prise en compte de la nature et des services qu’elle rend est le fondement de cette démarche.

La protection de l’environnement est partie intégrante et indissociable de notre socle commun pour une agriculture durable qui vise à protéger et rétablir la santé et l’intégrité de l’écosystème terrestre : préserver la fertilité des sols, la biodiversité, les paysages la qualité de l’air et de l’eau, etc. Nous partageons l'ambition de concilier production agricole, préservation de la biodiversité et accès de toutes et tous à des produits locaux, sains et de qualité, transformés au plus près des lieux de production. Comment ? 

  • Par un recours minimal aux pesticides et un apport d’engrais adapté au site;
  • Par des pratiques de fauche respectueuses de la faune
  • Par un travail réduit ou sans labour du sol afin de le préserver;
  • En laissant subsister une population résiduelle d’adventices offrant nourriture et habitat aux auxiliaires et pouvant servir de plantes-pièges pour les ravageurs;
  • Avec un semis espacé dans les céréales;
  • En réduisant le nombre de passages des machine
  • En diversifiant les cultures et en choisissant des variétés robustes
  • En introduisant des prairies temporaires et des cultures dérobées dans la rotation des cultures pour favoriser la vie du sol
  • En participant à des programmes de formation et en participant à des groupes d'échanges entre pairs
  • En apprenant à connaître les animaux et les plantes sauvages sur sa propre exploitation, leurs besoins vitaux et en se renseignant sur les mesures à mettre en place pour leur promotion
  • etc.119 HD CIVAM David Dumiot Guillaume Heraud Photographe

La biodiversité constitue une porte d’entrée essentielle pour engager la transition agricole en impliquant les agriculteurs et les citoyens, en reliant pratiques agricoles, alimentation, santé des écosystèmes, foncier, semences et transmission des fermes. L’approche est systémique : il n’est pas possible de parler de biodiversité sans aborder les changements de pratiques, les savoir-faire agroécologiques, l’installation-transmission, la santé et l’économie locale.Dans ce contexte, il est nécessaire de sortir la question de la biodiversité d’un traitement strictement technique pour en faire un enjeu de société partagé.

Il est urgent de produire autrement, avec le vivant, en vulgarisant les problématiques et solutions existences. Notre agriculture contribue fortement à la préservation ou à la remise en bon état de la biodiversié, et nous le prouvons depuis plus de 20 ans. L’urgence impose d’agir sans attendre !