Nouvelle-Aquitaine Initiative pour une agriculture
Citoyenne et Territoriale

Alors que les conflits géopolitiques mettent en lumière la dépendance croissante de notre agriculture aux importations (soja, engrais), il est urgent de porter la voix d’une agriculture durable, locale et justement rémunératrice. Un collectif de chercheurs, scientifiques, ONG et acteurs de terrain, dont certains membres du réseau, interpelle le gouvernement sur « la dépendance » de l’élevage français.

Le Réseau des CIVAM, la FNAB, Terre de liens, signent dans une tribune sur Ouest France, aux côtés d’un large panel d’organisations et d’expert·es engagé·es dans les domaines des politiques agricoles, de l’environnement, de la protection animale, de la santé publique et de la solidarité, à la mise en place d’une « Feuille de route pour un élevage durable et souverain », fondée sur 5 principes clés :

  • Retrouver une autonomie alimentaire des élevages, en s’appuyant sur les prairies, les ressources locales et les cultures fourragères.
  • Adapter la taille des cheptels et faire évoluer les régimes alimentaires, pour les aligner avec les capacités de nos territoires.
  • Soutenir les éleveurs et éleveuses engagé·es dans des pratiques agroécologiques, respectueuses des sols, du climat et du bien-être animal.
  • Réorienter les aides publiques pour accompagner les systèmes réellement durables et autonomes.
  • Faire évoluer l’offre alimentaire pour favoriser des produits issus d’élevages durables et développer les protéines végétales.

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Des pratiques agro-industrielles encore largement majoritaires

« L’élevage français traverse une crise majeure, marquée par la précarisation d’une partie des éleveurs, le recul de notre souveraineté alimentaire, la dégradation des écosystèmes et une accélération de l’agrandissement des élevages associée à un recul du nombre d’éleveurs.

Au cœur de cette impasse : la dépendance structurelle d’une majorité de nos systèmes de production animale aux importations d’intrants pour l’alimentation des animaux via les marchés mondialisés. Cette dépendance massive affaiblit notre autonomie, augmente notre empreinte écologique et alimente un modèle intensif incompatible avec les objectifs climatiques, la préservation de la biodiversité et le bien-être animal.

Le mouvement observé en élevage au cours des 15 dernières années en France montre une accélération des agrandissements, dans des secteurs jusqu’ici préservés, comme l’élevage herbivore, avec un recul du pâturage et des prairies, qui ont perdu près d’un quart de leurs surfaces en 40 ans. Chez les monogastriques (porcs et volailles), l’élevage sur paille ou plein air, porteur d’un modèle plus résilient, est particulièrement affaibli par la course à l’agrandissement du modèle intensif ultra-dominant (95 % des porcs et 80 % des volailles) et ses impacts en matière sanitaire.

Ce mouvement accentue la faiblesse intrinsèque de ce modèle agricole : la dépendance aux intrants et cultures importés.

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Un réseau innovant… montrer qu’une autre manière de faire est possible

Les éleveurs et éleveuses du réseau des Civam, attachés à une agriculture durable et à l'autonomie de décision sur leurs fermes, ont à coeur de montrer que d'autres modes d'élevages sont possibles : respectueux de l'environnement, du bien-être animal et viable économiquement. Ils échangent, se forment, expérimentent, et de nombreuses thématiques techniques sont abordées (réduction des intrants, biodiversité dans les prairies, santé des troupeaux, assolements etc.) mais aussi des aspects liés à la commercialisation (paniers fermiers, circuits courts, filière viande de qualité etc.) et au bien-être au travail.

La sensibilisation, le dialogue et l’échange avec le grand public fait partie de l’ADN du réseau des Civam : Fermes ouvertes, intervention scolaires, manifestations, accueil pédagogique. Pour en savoir plus cliquez ici.

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L’agriculture biologique défendue par la FNAB (Bio Nouvelle Aquitaine dans la région) est un modèle agricole qui prend racine dans le refus de l’usage de pesticides et engrais chimiques de synthèse dans les années 50. Cette vision de l’agriculture se veut respectueuse des équilibres naturels, de l’environnement, des sols, des Hommes et des animaux, en un mot du vivant. Elle s’inscrit comme une réponse aux défis environnementaux, sociaux et économiques de l’agriculture du XXIe siècle. Les paysans et paysannes bio de nos réseaux expérimentent et innovent individuellement et collectivement mais aussi avec les instituts de recherche pour améliorer constamment leurs pratiques, vers un évelage biologique résolument viable et équitable. 

En élevage biologique, les principales préoccupations techniques des éleveurs concernent l’alimentation et la santé des animaux, quel que soit l’élevage. Les prix des aliments bio sont très élevés du fait des marchés porteurs des céréales et protéagineux. Les éleveurs ont donc tout intérêt à être autonomes au maximum de ce que leur offre leur exploitation. Pour les ruminants, la stratégie pâturage est payante à condition de mettre en place un système de pâturage performant : pâturage tournant, pâturage tournant dynamique, pâturage au fil, … En complément, il est nécessaire de mettre en place des fourrages pour récolter des aliments les plus équilibrés possible entre l’énergie et l’azote et éviter les complémentations. Sont ainsi privilégiés les mélanges de graminées et légumineuses dans les prairies multi-espèces. Pour en savoir plus sur l'accompagnement de Bio Nouvelle Aquitaine en élevage cliquez-ici.

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Terre de Liens plaide pour relocaliser l’alimentation et la transformation, et mieux répartir les outils d’abattage sur le territoire : ce sont autant de leviers essentiels, régulièrement exprimés par les éleveurs, pour limiter les risques sanitaires, renforcer la résilience des élevages et redonner du sens à leur travail. Construire une véritable souveraineté alimentaire suppose donc de redonner toute sa place au dialogue avec les agriculteurs, afin de bâtir collectivement un modèle de production à la fois viable pour les éleveurs et répondant aux attentes alimentaires des Français. Favoriser des fermes à taille humaine, diversifiées, transmissibles, et réorienter les soutiens publics vers ces modèles sont des conditions clés pour réduire la vulnérabilité des élevages. Des exploitations à taille humaine permettent un meilleur suivi des troupeaux, une plus grande autonomie des fermes, et une production respectueuse des animaux, des territoires et de l’environnement. Pour en savoir plus sur Terre de Liens cliquez ici

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