Premières difficultés
"Mon
exploitation n’est pas la plus grande de la commune mais jusqu’ici elle tourne
bien. J’ai une cinquantaine de vaches laitières et des cultures. L’an dernier,
j’ai fait appel à Solidarité Paysans.
J’aime
bien régler mes factures à l’heure et aussi qu’on me paye aussitôt que j’ai
vendu ma production. Le prix du lait a quand même baissé un peu et c’est bien
le seul ! Alors la trésorerie de la ferme en a pris un petit coup surtout avec
le financement de la mise aux normes et les primes qu’arrivent en décembre. Ça
fait que les frais bancaires et les intérêts à la coopérative ont fait un bond. Avant que ça aille plus mal,
j’ai fait ce que m’avait dit un copain : "il faut appeler Solidarité
Paysans dès que tu vois que ça coince". Avec la salariée et le bénévole,
on a regardé les chiffres, les factures surtout. Ils ont contacté les
fournisseurs pour avoir des délais sans intérêts et on est allé voir la banque
pour restructurer mes emprunts. Tout seul je n’y avais pas réussi. Même si
comme ils disent, ils ne sont pas plus malins que moi, ils ont plus l’habitude.
On a aussi revu un peu certains itinéraires techniques de culture. Il y a
toujours à gagner et il ne faut pas toujours que ce soit la coopérative qui
gagne.
Maintenant
on devrait se voir 2 ou 3 fois par an pour faire le point. Mais je suis sûr que
j’ai bien fait de tout remettre à plat avec eux avant que ce soit trop mal
parti".
Procédures judiciaire : redressement " Nous
sommes installés depuis 20 ans. Pendant quatorze ans on a produit des tomates
dans un petit atelier en employant de la main d’œuvre saisonnière. Suite à deux
années de cours très bas on a été obligé d’arrêter les tomates qui ne
rapportaient plus rien. L’année suivante, le moteur du plus gros tracteur de
l’exploitation a cassé. On a voulu réparer mais ça n’a pas tenu et ça nous a
coûté 7 000 €. On a voulu faire un emprunt pour acheter un tracteur, il a été
refusé. On a été obligé d’en acheter un d’occasion en l’autofinançant. Ca fait
qu’on a eu du retard à payer certaines factures et la MSA. Le retard de MSA
s’est accumulé et elle nous a mis au tribunal.
Avant
d’y aller on a vu une annonce pour Solidarité Paysans. On les a appelés, ils
m’ont accompagné au Tribunal.
Avec
eux, on a réalisé les dossiers nécessaires. Ils nous ont aidé dans chaque
étape. Comme ça on n’était pas seuls devant les juges et le mandataire. Leur
aide nous a permis de bien présenter un plan de redressement sur 12 ans, qu’on
tient depuis 3 ans.
Face
au mandataire l’association était là avec nous pour défendre nos intérêts et
face au tribunal pour expliquer notre situation avec les particularités de nos
productions. Ils
nous ont aussi permis de bien comprendre la procédure et de s’inquiéter moins
en rencontrant un couple d’agriculteurs qui avaient vécu la même chose.
Ce
ne sont pas des avocats mais ils sont là pour nous défendre et en plus ils
expliquent bien les choses".